Centre hospitalier vétérinaire
Un centre hospitalier vétérinaire (CHV) est une structure de soins pour animaux, de taille importante et répondant à un cahier des charges attestant d'un niveau de service très élevé.
Bien que ce cahier des charges varie d'un pays à un autre, ce type de structure est en général caractérisé par des moyens techniques et humains supérieurs à ceux d'une clinique classique.
Certains hôpitaux vétérinaires ne reçoivent que les animaux de compagnie (chiens, chats, animaux d'espèces inhabituelles tels que furets, lapins, cobayes, oiseaux…), d'autres sont orientés vers les grands animaux (bovins, chevaux, …) et enfin, certains CHV reçoivent toutes les espèces animales.
Sommaire
1 En France
1.1 Histoire
1.2 Organisation et fonctionnement
1.2.1 Permanence et continuité de soins
1.2.2 Moyens techniques
1.2.3 Moyens humains
1.3 La situation actuelle
2 Les équivalents en Europe et dans le monde
3 Voir aussi
3.1 Notes et références
En France |
Histoire |
L'appellation de Centre Hospitalier Vétérinaire (CHV) fit l’objet d’une réglementation en 2003, ajoutant un « échelon » supplémentaire dans la chaîne de soins aux animaux. Le code de déontologie vétérinaire de mars 2015 précise les caractéristiques définissant cette catégorie d'établissement[1]. Il rend obligatoire la présence d'au moins deux vétérinaire spécialiste parmi l'équipe, dans 2 des 3 spécialités principales : la chirurgie, la médecine (médecine interne, cardiologie, oncologie), et l'imagerie médicale.
En novembre 2015, conscients de leurs responsabilités face aux usagers, aux autres vétérinaires avec lesquels ils participent à la réalisation d'une chaîne de soins cohérente, aux personnels vétérinaires et non vétérinaires qu'ils emploient, les CHV ont créé le Syndicat National des Centres Hospitaliers Vétérinaires (SNCHV) dont l'objectif est d'aider les CHV à assumer au mieux leurs fonctions, en étroite collaboration avec les instances professionnelles (en particulier l'Ordre des Vétérinaires) et dans le but de rechercher l'excellence dans l'exercice de l'art vétérinaire[2],[3],[4].
Organisation et fonctionnement |
En France, pour exercer son métier, un vétérinaire doit avoir un domicile professionnel, déclaré auprès de l’Ordre des Vétérinaires. Il en existe plusieurs sortes, les principaux étant : le vétérinaire à domicile, le cabinet vétérinaire, la clinique vétérinaire et le centre hospitalier vétérinaire. Le vétérinaire de proximité reste le maillon essentiel de cette chaîne de soins. Face à des cas lourds demandant des examens ou des interventions spécialisés, il est ainsi en mesure de les adresser à un centre hospitalier.
Permanence et continuité de soins |
Un centre hospitalier vétérinaire doit être en mesure d'assurer la permanence et la continuité des soins. Il est donc ouvert 24h/24 et 7j/7[5]. La présence d’au moins un vétérinaire et d’une personne qualifiée (auxiliaire vétérinaire, par exemple) 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 est obligatoire[5], ceci afin d'assurer la continuité des soins aux animaux hospitalisés et la gestion des urgences.
Moyens techniques |
Un centre hospitalier vétérinaire est un établissement de soins aux animaux dont les locaux et le matériel répondent à certaines exigences, il doit satisfaire aux conditions des modules "chirurgie générale", "soins intensifs", "hospitalisation" et "imagerie médicale" définis par l'arrêté ministériel du 13 mars 2015.
Il doit donc disposer d'une salle de chirurgie générale et de matériel de stérilisation adéquat (autoclave de série B ou S, ou chaleur sèche type Poupinel), il doit disposer d'un local dédié aux soins intensifs, avec système d'anesthésie gazeuse, matériel de réanimation adapté aux espèces soignées, système de monitoring de l'animal anesthésié, équipements permettant la surveillance de son réveil, systèmes d'oxygénothérapie adaptés à chaque format d'animal, système de perfusion continue, et au moins quatre systèmes de réchauffement.
Moyens humains |
L’activité est assurée par une équipe pluridisciplinaire d’au moins six vétérinaires à temps plein et de six autres personnes qualifiées en équivalent temps plein[5].
Un CHV doit posséder au moins deux vétérinaires spécialistes[5] dans deux des trois disciplines suivantes :chirurgie, médecine interne ou imagerie.
La situation actuelle |
En France, les contraintes réglementaires et économiques permettant à une structure de prendre l’appellation de Centre Hospitalier Vétérinaire sont nombreuses. Au 1er juillet 2018, onze structures sont en mesure de proposer un tel niveau de services. Le respect du cahier des charges est régulièrement contrôlé par l’Ordre des vétérinaires, dans le but d’éviter une certaine dérive comme c’est le cas avec l’appellation de clinique vétérinaire[6].
Les onze CHV français sont situés à Arcueil (Frégis, à 1 km de la porte d'Orléans - Paris), Grenade (en banlieue toulousaine spécialisé dans les chevaux[7]), La Madeleine (NordVet, en banlieue lilloise), Marseille (Massilia), Meaux (Cordeliers), Montpellier (Languedocia), Nantes (Atlantia), Reims (Pommery), Saint-Martin-Bellevue (Saint-Martin, à 11 km d'Annecy), Saint-Michel-de-Livet (Livet, CHV équin), et Vélizy-Villacoublay (ADVETIA, en région parisienne).
Les écoles vétérinaires étant des établissements d’enseignement, leurs cliniques ne sont pas soumises aux mêmes contraintes réglementaires. Les hôpitaux des quatre écoles vétérinaires portent l'appellation de Centres Hospitaliers Universitaires Vétérinaires (CHUV), et se situent à Maison-Alfort (ENV Alfort), Marcy l'Etoile (VetAgro Sup Campus vétérinaire de Lyon), Toulouse (ENV Toulouse) et Nantes (ONIRIS).
Les équivalents en Europe et dans le monde |
Le concept d’hôpital vétérinaire existe depuis plusieurs décennies dans d’autres pays, en particulier aux États-Unis et au Canada. Le principe d’un cahier des charges minimal est généralement en vigueur pour garantir à la clientèle un certain niveau de prestations. Dans certains pays, cette notion s’étend également à d’autres espèces animales et notamment aux chevaux. En plus des équipements, la présence de compétences humaines spécifiques (et en particulier la présence de spécialistes diplômés) est souvent requise.
Voir aussi |
Notes et références |
« Code de déontologie vétérinaire », sur Vétérinaire.fr, 13 mars 2015
« Actu - Instances représentatives », La Semaine Vétérinaire, no 1657, 15 janvier 2016, p. 11
« Création du Syndicat National des centres hospitaliers vétérinaires », La Dépêche Vétérinaire, no 1332, 16-22 janvier 2016, p. 13
« Création du Syndicat National des Centres Hospitaliers Vétérinaires », L'essentiel, no 394, 21 au 27 janvier 2016, p. 4
« Arrêté du 13 mars 2015 relatif aux catégories d'établissements de soins vétérinaires », sur Legifrance.gouv.fr, 13 mars 2015
La Dépêche vétérinaire, n° 932, 24 février 2007
https://www.ladepeche.fr/article/2016/12/04/2471724-a-grenade-le-deuxieme-hopital-pour-chevaux-de-france.html
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